Méditation du 10 juillet par le Pasteur RAKOTOZAFY

Marc 6,7-13

Nous rentrons dans la période des vacances scolaires. C’est un temps précieux pour se reposer pour la population dite « active » mais pas pour la plupart des retraités qui sont heureux de garder leurs petits-enfants pendant que leurs parents travaillent. Le mot « vacances » laisse entendre le mot « voyage ». Si pendant les deux années de pandémie, voyager est devenu plus difficile voire impossible, aujourd’hui, malgré la baisse du pouvoir d’achat, la hausse des prix du carburant, nombreuses personnes attendent avec impatience les vacances d’été pour changer d’air, pour recharger la batterie. Pour ceux qui ont la chance de partir quelque part, la préparation du départ peut être un véritable casse-tête. En effet, il faut faire la liste des affaires qu’il ne faut pas oublier. Dans les valises, il faut prévoir des habits de rechanges chauds et froids car on dépend de la météo. Sans oublier le sac à main, le passeport si on prend l’avion, la clé de la maison qu’on doit laisser chez le voisin pour faire actes de présence, pour s’occuper des chats et arroser les fleurs…Il s’avère que dans la plupart de nos voyages et déplacements, plus nous partons longtemps, plus la valise est lourde. Au fond, le poids de la valise nous donne l’impression d’avoir l’esprit plus tranquille, au moins pour quelque temps.

Comme vous l’aviez deviné, cette longue introduction fait écho aux consignes particulières que Jésus recommande à ses disciples sur la condition première de leur mission. Il s’agit de ne rien prendre pour le voyage missionnaire qu’ils vont devoir effectuer sans la présence de leur Maitre.

De nos jours, cette situation ne nous arrange pas trop ou pas du tout.

Alors que les douze ont reçu une autorité extraordinaire pour accomplir leur mission, Jésus leur ordonne de ne pas être encombrés de plein d’affaires, de ne pas être chargés par les soucis du matériel mais de voyager « légers », au minimum, pas plus que ce qu’ils portent sur leur corps. Autrement dit, ne pas penser à toute éventualité de possibilité de manque. Ne pas utiliser la condition « Si » qui introduit une donnée d’hypothèse. En effet, les expressions « au cas où » et « si jamais… » affirment une incertitude mais aussi sont suivies d’une inquiétude. Face à nos projets à venir, face à nos voyages programmés, planifiés, bien organisés et chronométrés, ces termes apaisent notre conscience pour être surs que tout soit parfait et sans erreur.

Chers amis, au fond, ce voyage avec une valise lourde n’est-il pas à l’image de notre vie ?

Le dénuement de l’envoyé de Dieu peut raisonner en nous comme quelque chose de très angoissant qui révèle l’incertitude. Sommes-nous d’accord ? Être appelé par Dieu et envoyé dans une telle condition  pour annoncer la Bonne Nouvelle, pour témoigner notre foi à travers les paroles et des actes, n’est-ce-pas quelque chose de paradoxal et de compliqué, voire impossible à réaliser?

Par conséquent, est-ce que cela peut encore donner envie de devenir des disciples ? Que l’on pourrait aujourd’hui appeler des pasteurs, des bénévoles, des prédicateurs laïques. Il s’agit de chacun-e d’entre nous lorsque nous sommes inspirés et agissons selon les paroles de Dieu sans le savoir, lorsque l’intention porte à sauver des vies et à dénoncer les injustices.

L’ordre de Jésus résonne comme un défi qui appelle à la confiance du disciple et à la foi de l’Église. Ainsi saurions-nous encore à le relever dans notre vie personnelle ou/et communautaire ?

Je reconnais que le dénuement fait peur. Mais cela n’a aucun rapport avec les conditions des plus démunis dans notre pays et dans le monde. Autrement dit, Dieu n’est pas source de tous les malheurs dans le monde. Il est le Dieu qui souffre avec nous et ne cesse de combattre nos maux. Dans le contexte de l’Evangile de Marc, le dénuement entraine à faire confiance à celui qui envoie mais aussi à ceux vers qui le disciple est envoyé. Du coup, on peut qualifier le dénuement dans ce passage comme une disponibilité pour Dieu et une ouverture à l’autre.

Ainsi, comme des voyageurs encombrés de tant de soucis, chargés et surchargés, Dieu veut nous faire des envoyés démunis. Dieu nous invite à vivre une relation de confiance dans la rencontre avec l’autre, avec Dieu lui-même dans la personne de Jésus-Christ. (La cène).  

Comme c’est bizarre de constater que nos départs en vacances ressemblent à notre vie quotidienne. Ne sommes-nous pas nous aussi encombré de tant de choses qui nous empêchent d’être disponibles pour vivre une relation intime avec Dieu et pour entrer en contact avec les autres ?

Ainsi la première mission que Jésus nous confie ne commencerait-elle pas à faire un diagnostic sur nous-même. C’est-à-dire à voir quels sont les fardeaux, les poids qui pèsent sur nous, qui encombrent nos vies qu’il faut que nous nous en débarrassions, tels que les esprits impurs qui polluent nos vies, nos pensées et qui alourdissent la vie de nos Églises ?

Avec nos vies si bien organisées, planifiées, avons-nous encore un peu de temps à passer avec Dieu, à être à l’écoute de soi et de l’autre ?

Il y a ici quelque chose d’extraordinaire qu’il ne faut pas oublier. Si Jésus invite les disciples au dénuement, ce n’est pas pour les laisser démunis. Au contraire il leur donne son autorité, pour marquer qu’il est aussi au cœur de la mission.

Chers frères et sœurs, pour être disponible à la mission pour laquelle Dieu nous envoie, il nous est possible d’être libérés de nos préoccupations du souci du matériel, de nos propres esprits impurs et d’en être libérés par la puissance de la Parole de Dieu et de son Esprit d’amour. Est-ce bien cela ce que nous désirons ?

Amen.

ANNONCES

Jeudi 14 Juillet : à 15 h : culte au Refuge.

Samedi 16 Juillet : le mariage de Laura Saindate et Jérôme Coutureau sera finalement reporté à une date ultérieure

Dimanche 17 Juillet : Culte à 10 h 30 à Rouvière