Méditation du 30 mai à LABASTIDE par le Pasteur Fidy RAKOTOZAFY

En avril 1944, le pasteur et théologien Dietrich Bonhoeffer commence à réfléchir au sujet de la situation du christianisme de son temps. Il a écrit « nous nous dirigerons vers un temps totalement irréligieux ». Sa lettre adressée à son filleul disait« D’ici à ce que tu sois grand, le vieux presbytère de village comme la vieille maison bourgeoise, auront disparu ». Dieu se fait expulser de la vie de l’homme et même les catastrophes n’arrivent pas à ébranler cette assurance. (ETR 1997/1).  

En 2021, 77 ans plus tard, que peut-on dire de cette prophétie? Bonhoeffer avait-il raison ?

Selon le classement des religions les plus pratiquées au monde, en 2017, le christianisme est en tête avec un nombre de chrétiens estimé à fort de 2,2 milliards, suivis par les musulmans et loin derrière par les hindous et les bouddhistes. (Source Atlas Sociologique Mondial). Mais aujourd’hui, on ne peut pas ignorer l’augmentation du nombre de personnes sans affiliation religieuse et la diversité des nouvelles formes de religions telles que le sport, sans Dieu, l’argent, le pouvoir…

Là où on fait croire à un Dieu tout-puissant, qui règle tous les problèmes, le Dieu qui sauve est un Dieu faible, désarmé qui est mort sur la croix. Là où on fait croire à un salut par le mérite, le Dieu de Jésus-Christ offre le salut par la grâce. 

Bien que le christianisme se porte plus ou moins bien dans le monde par rapport aux autres religions, il s’avère qu’en Occident, le nombre des paroissiens diminuent progressivement depuis quelques années. La population a des difficultés à se renouveler notamment dans les paroisses rurales. A ce sujet, ce n’est pas utile que je vous en dirai davantage. 

Depuis la Réforme, l’Eglise ne cesse de se poser de question et d’agir pour apporter des améliorations, des changements sur l’organisation des structures de l’Eglise, sur la conception de la théologie chrétienne. Car pour que l’Eglise soit vivante, il faut qu’elle soit en perpétuel mouvement entre la réalité dans laquelle elle se trouve et les interprétations des Ecritures. Qu’en est-il de notre Eglise ? 

Apres la Pentecôte, cette finale de l’Evangile de Matthieu rappelle l’ordre de mission adressé aux disciples par le Ressuscité. Ces instructions sont écrites en deux versets seulement mais son contenu semble important constituant le cœur de la mission de l’Eglise dans le monde. Des lors, elle reçoit sa suprême vocation par la voix de son Chef Jésus-Christ.  « Allez, faites des gens de toutes les nations des disciples, baptisez-les pour le nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint, et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai commandé ». 

Face à tous nos problèmes que nous devons surmonter, à toutes nos préoccupations à court ou à long terme (les travaux à réaliser dans nos temples, les bancs qui se vident, la question sur la future relève, la finance…), cette parole de Jésus renvoie l’Eglise à la case de départ, à sa vocation initiale. Ce qui revient à dire : où est la place de Dieu dans nos vies, dans nos projets de vie? Cette parole vient nous questionner autant de fois que nécessaire lorsque nous commençons à nous endormir dans nos routines, à nous suffire et à nous replier sur nous-même. Autrement dit, quelles sont nos véritables priorités ? Où est-ce que nous mettons l’accent sur nos multiples actions? 

En cette période particulière, nos modes de vies et de pensée, nos convictions et nos projets sont bouleversés. L’Eglise doit se réveiller et revenir aux Ecritures non pour trouver des réponses à ses questions mais pour se remettre en question. Ce rappel de la vocation de l’Eglise fait échos au thème synodal de l’année 2021 jusqu’en 2023, sur « la mission de l’Eglise et les ministères », auquel je vous invite vivement à y jeter un coup d’œil. Vos remarques seront prises en considération. 

La mission de l’Eglise consiste à prêcher l’Evangile du Royaume de Dieu à toutes les nations en actes et en parole, sans essayer d’imposer ses convictions à autrui. A la prédication de l’Evangile s’ajoute le baptême, signe de l’amour de Dieu à savoir que la vie est marquée dès le commencement par un amour inconditionnel. Par le baptême, toutes les nations sont placées au bénéfice de la grâce du Dieu vivant, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, symbole de la trinité. Dans ce texte de Matthieu, la dernière mission de l’Eglise concerne les enseignements donnés par Jésus. Aujourd’hui, il s’agit de la catéchèse, les études bibliques, la prédication. C’est aussi ce que recommande l’apôtre Paul aux Eglises et aux pasteurs (1 Tim 6, 14 ; II Tim 1,13-14). Mais la mission de l’Eglise ne s’arrête pas à la théorie ni aux instructions ni aux institutions religieuses. Elle mobilise les hommes et les femmes à suivre le Christ dans sa manière d’agir vis-à-vis des plus faibles, de la misère du monde, des autorités et des institutions, de la loi de Dieu et de la justice. 

La tâche de l’Eglise parait énorme mais elle n’est pas seule ni abandonnée. Connaissant ses craintes, le Christ fait une promesse d’être toujours avec son Eglise, c’est-à-dire d’être toujours avec chacun-e d’entre nous quoiqu’il arrive. 

En ce culte d’ensemble à ce dimanche de la trinité, les paroles de Jésus nous redisent la confiance en dépit de nos doutes, nous encouragent de dire oui à l’Espérance en dépit de nos inquiétudes, du manque de visibilité de l’avenir. Les paroles de Jésus nous invitent à nous ralentir, à arrêter de nous agiter et à nous mettre à son écoute dans le silence et le calme, pour entendre sa voix, ce qu’il a à dire à son Eglise, à chacun-e de nous. 

Bonhoeffer n’a pas totalement tort. Mais je ne peux pas imaginer la fin du Christianisme. 

Là où règnent l’obscurité et le découragement, que la lumière du Christ ressuscité illumine nos vies et que l’amour de Dieu nous rende joyeux en vivant intensément notre vocation ici et maintenant avec les autres et avec Dieu et pour sa gloire. Amen. 

Mot de la Présidente

Chères et chers ami(e)s,

Voici quelques annonces concernant notre Paroisse.

  • Jeudi 27 Mai, ont eu lieu les obsèques de M. Guy RAMADIER, bien connu pour son engagement au sein du Conseil d’Administration du Refuge Protestant.
  • Vendredi 28 a eu lieu la confection des oreillettes et je remercie toute l’équipe de bénévoles qui a participé.
  • Jeudi 3 Juin, à 15 h, culte au Refuge.
  • Samedi 5 Juin, de 10 h 30 à midi, réunion de réflexion sur le sujet du prochain Synode National : « Mission de l’Eglise et Ministères».

A 18 h vous pourrez suivre en direct la fête annuelle de la fondation John Bost sur www.johnbost.org/fete2021 (voir affiche)

  • Dimanche 6 Juin, culte à 10 h 30, à Rouvière.

RAPPELS

  • Permanence à la Tourette, les samedis après-midi de 15 à 17 h, pour consulter, acheter des livres d’occasion à très bas prix sur le thème « religieux » au sens très large, tout en discutant autour d’un café si vous le souhaitez.

Bonne semaine à chacune et chacun d’entre vous.
Très fraternellement.
Josiane Estrabaud, Présidente du Conseil Presbytéral