Méditation du 9 mai préparée par René Farenc et Fidy Rakotozafy.

Jean 15, 9 à 17 & 1 Jean 4,7 à 10

« Aimez-vous les uns les autres » 

Vous l’avez très certainement remarqué, en écoutant les passages indiqués pour ce dimanche, un verbe et un mot sont évoqués à maintes reprises. Une dizaine de fois pour le verbe « aimer », presque autant pour le mot « amour ».

Depuis le début de ce culte, ce thème a servi de fil conducteur à notre liturgie, et ce sera aussi le cas pour notre méditation. Mais avant de nous lancer dans cet exercice, peut-être est-il important de rappeler que le passage de Jean 15, prend place après que l’Evangéliste ait décrit des rapports entre Dieu, le vigneron, Jésus, la vigne et les disciples comme sarments. Entre le cep et les sarments c’est une histoire de sève. Cette sève dont parle Jésus, ne serait-ce pas l’amour?

  1. Dis mois, c’est quoi l’amour au juste ?

Dans la Bible,  l’amour est au cœur de l’enseignement et de la vie de Jésus. 

L’amour n’est pas simplement une valeur importante, il est ce qui donne sens à tout le reste: la foi, le courage, le don de soi, ne sont rien sans amour. Plus encore l’amour qualifie l’ensemble de la vie, lui donne son sel, sa beauté. 

Mais pour bien comprendre de quel amour il s’agit, il faut en percevoir le sens. 

Car le verbe aimer est très général, et son sens prend une tournure très différente suivant son emploi. 

Ainsi on peut aimer Dieu, on aime ses enfants sa famille, on aime nos amis. 

On peut aussi aimer un film voir même l’équipe de France de rugby, ou de foot, et aimer aussi la confiture de marrons…

La Bible dit que, « Dieu est amour », c’est-à-dire il n’y a pas d’autres mots pour qualifier Dieu que l’amour. Dieu ne peut-être qu’amour. 

Aimer, c’est donner. Dieu nous a donné son Fils. Dieu est celui qui offre avec générosité en donnant ce qu’il a de plus cher, de plus précieux, d’unique. En donnant son Fils, Dieu se donne lui-même.

Mais je reconnais qu’on ne peut décrire ou formuler l’amour ou Dieu en seul mot. Et si on demandait les avis des enfants et de certains adultes dans l’assemblée ? 

  1. Pourquoi aimer ? A quoi ça sert d’aimer ? 

Voyons dans quel contexte l’Evangéliste Jean a écrit son Évangile.  Vers l’an 90-95, la communauté des croyants auxquels Jean s’adresse passe par des difficultés considérables. D’une part, les chrétiens d’origine juive appelés des judéo-chrétiens étaient exclut de la synagogue par le judaïsme. D’autre part, ils étaient aussi victimes des persécutions romaines. Sans protection, les communautés étaient menacées d’exclusion, de persécution, d’abattement, d’incertitude, d’apostasie (abandon de la foi). 

Devant cette crise, il faut bien faire quelque chose ! Il faut mener un combat par une stratégie de défense, contre ces forces destructrices qui menacent de démembrer les croyants. 

Jean rappelle l’amour qui se fonde sur un Christ crucifié. Dans cette période troublée, ne pas oublier que c’est la croix de Jésus qui fait le chrétien, chrétien, à savoir l’amour de Dieu. 

Le Christ dépose dans l’existence chrétienne le dépouillement de son corps. C’est-à-dire il vient graver (marquer) un Dieu déchiré, souffrant, dans cette communauté en souffrance. Un Dieu qui se donne totalement pour aimer au cœur de la souffrance des hommes. 

  1. Peux-tu m’expliquer ce que veut dire « demeurer dans mon amour » ? 

 « Demeurez dans mon amour ». Cette expression, peut remplacer ici le verbe croire autrement dit CROYEZ EN MOI. C’est que le verbe croire est difficile à utiliser dans le contexte où nous nous trouvons, période de crise que nous traversons où les certitudes s’effondrent. 

Alors dans ce temps d’inquiétude, c’est ce lien d’amour qu’il s’agit d’affermir. C’est la raison pour laquelle Jean adresse son Evangile aux chrétiens de son temps. 

« Demeurez dans mon Amour ». 

Avec cette exhortation, Jésus nous appelle à ne pas nous laisser enfermer dans une attitude d’abandon, il nous demande de traverser vaillamment les périodes compliquées auxquelles nous sommes confrontés. 

Il nous demande de nous comporter comme des personnes qui ont reçu l’amour de Dieu, qui sait se donner aux autres comme Dieu se donne à fond pour nous. 

Etre aimé de Dieu, être chrétien, c’est aussi s’engager avec les autres et pour les autres, avec Dieu et pour Dieu. 

Et tout au long de cette traversée, Jésus est comme notre « commandant ». 

  1.  La bible dit que Dieu est Amour, alors, comment savoir que nous vivons en Dieu, c’est-à-dire comme je peux savoir que je vis dans l’amour ? 

Accepter d’aimer, c’est reconnaitre que Dieu est amour. 

La chose est donc entendue. L’amour occupe une place centrale dans l’existence. 

Un amour offert à celles et ceux que nous rencontrons, un amour offert à notre prochain, quel qu’il soit. 

Il s’agit donc d’apprendre à nous aimer entre nous, à nous respecter, à respecter la liberté des autres. 

  1. Mais dis-moi, l’amour n’est-il pas un commandement ? Je ne comprends plus. L’amour est-il une obligation ?

Je pense que l’amour ne se commande pas comme un ordre que donnerait un chef militaire à un soldat.  Aimer par devoir est une absurdité. D’autre part, le commandement indique bien que l’amour que nous devons nous porter les uns aux autres est une conséquence de l’amour que Dieu nous porte en Jésus-Christ.

Oui en effet il nous dit ceci :

« Voici mon commandement aimez-vous les uns les autres ». 

Face à une crise, quand les choses vont mal entre les hommes, voici comment je comprends cette parole de Jésus.  C’est comme un père qui s’adresse à ses enfants : 

  • Ça me fait de la peine de vous voir s’entretuer, se disputer. 
  • N’entrez pas en concurrence entre vous.
  • Ne soyez pas jaloux l’un envers l’autre.
  • Je ne supporte pas d’entendre vos propos agressifs.  
  • Arrêtez, ça suffit.
  • Calmez-vous, essayez de discuter calmement. 
  • Regardez-vous face à face. Chacun de vous souffre autant que l’autre. 
  • Cessez de vous faire du mal. 
  • Chacun de vous porte le visage de Dieu. Je vous aime. 

« Aimez-vous les uns les autres »

Evidemment, ce n’est pas la chose la plus aisée à reconnaître qu’avant de pouvoir aimer, nous sommes d’abord aimés. 

Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, c’est lui qui nous a aimés. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu. Ceux qui n’aiment pas ne connaissent pas Dieu parce que Dieu est Amour. Si nous croyons cela, si nous laissons la sève nourrir les frêles sarments que nous sommes, alors ce sont de beaux branchages,  bientôt porteurs de fruits qui se développeront. 

C’est la joie d’accepter l’autre dans sa différence, dans sa singularité. 

C’est l’accepter tel qu’il est avec ses défauts et ses qualités. 

C’est refuser tout esprit de compétition ou de supériorité. 

C’est ainsi que s’accomplit la joie du Christ, la joie de tous ceux qui cherchent à faire la paix. 

C’est à cela que nous sommes appelés, accepter contre vents et marées, à ne pas nous replier sur nous-même, à laisser ce « Je vous ai aimés » de Jésus agir en nous. 

  1. Est-ce possible d’aimer notre prochain comme le Christ nous aimés ?

Mais tout d’abord, « qui est notre prochain »? 

Le prochain c’est celui est proche de nous. Mais ce n’est pas une question de distance mais d’attitude, d’intention que nous portons sur l’autre. Donc cela peut-être une personne qui est proche de nous mais aussi loin de nous à qui nous portons un intérêt, une attention particulière.  

C’est dans l’Eglise que nous entendons le plus souvent ce commandement de s’aimer les uns les autres. Presque tous les dimanches. Mais il faut reconnaitre que ce n’est pas non plus du tout évident. 

Dans la vie, c’est plus facile d’aimer quelqu’un qui vous ressemble, qui a le même centre d’intérêt que nous, le même vocabulaire…

Dans l’Eglise, commençons à apprendre à nous accueillir les uns les autres, les nouveaux, ceux qui sont de passage, en recherche, croyants ou incroyants, quelles que soient sa couleur de peau, sa situation de handicap, ses capacités intellectuelles. 

Oui, il n’est pas impossible d’aimer. 

Arrêtons de tout calculer : ne pas tant se soucier de ce que nous allons pouvoir donner mais nous laisser imprégner de cette présence agissante de Dieu en nous. 

Aimer, c’est possible, puisque Dieu l’a fait pour nous : c’est son amour qui nous a engendrés à l’amour, c’est lui qui nous permet d’aimer à notre tour, en faisant comme lui, comme le Christ nous l’a manifesté. 

Amen. 

Mot de la Présidente

Chères et chers ami(e)s,

Voici quelques annonces concernant notre Paroisse.

  • Jeudi 6 Mai, ont eu lieu les obsèques de M. Jean-Jacques ARMENGAUD, âgé de 68 ans, au Pôle Funéraire du Pays Mazamétain.
  • La maman de Suzy MISSEMER, Evelyne CLARK, s’est éteinte Vendredi matin. C’était la nièce de Rachel RAYNAUD du Bousquet qui est restée longtemps au Refuge et la cousine d’Etienne RAYNAUD. Les obsèques auront lieu Vendredi 14 Mai à Passy, en Haute-Savoie.

Merci de penser à ces familles.

  • Mercredi 12 Mai à 13 h, le Bureau du CP se réunira en visioconférence pour préparer le CP.
  • Jeudi 13 Mai, jeudi de l’Ascension, à 15 h, culte au Refuge Le Conseil National se retrouvera pour la journée en visioconférence ; pour la région Sud-ouest, se sera à Montauban. Les 3 autres journées se dérouleront en Octobre, en présentiel, au Lazaret.

Ce même jeudi, Jeannine et Jean-Louis partent pour la Bretagne.
Nous leur souhaitons un bon séjour auprès des paroissiens de la région de Perros-Guirec.
Le voyage organisé pour les retrouver du 28 Mai au 1er Juin a dû être annulé à cause des restrictions qui sont encore imposées face à la Covid et qui empêchaient toute convivialité.

  • Dimanche 16 Mai, culte unique Sud-Tarn, à 10 h 30, à Rouvière.

Je rappelle la permanence à la Tourette, les samedis après-midi de 15 à 17 h, pour consulter, acheter des livres d’occasion à très bas prix sur le thème « religieux » au sens très large, tout en discutant autour d’un café si vous le souhaitez.

Information importante :
La situation sanitaire se stabilisant, nous allons pouvoir confectionner des oreillettes.
Elles se feront le Vendredi 28 Mai.
Vous pouvez, dès maintenant, passer vos commandes auprès de Florence BERBESSOU au
06 12 51 70 50.
La réception des commandes se fera le Vendredi 28 Mai après-midi à La Tourette ou le Samedi matin 29 Mai à Rouvière.

Une dernière info.
Aujourd’hui, à 12 h 55, le magazine TV « Ô La belle vie » sur France 3 Occitanie est consacré à Mazamet, avec pour thème « l’industrie en héritage » où nous retrouverons des industriels mazamétains protestants.

Bonne semaine à chacune et chacun d’entre vous.
Très fraternellement.
Josiane Estrabaud, Présidente du Conseil Presbytéral