Méditation du 2 mai par le Pasteur Fidy RAKOTOZAFY

Vous avez sans doute entendu au moins une fois dans votre vie cette parabole de la vigne racontée par l’Evangéliste Jean. Vous vous posez la question : qu’est-ce que je vais encore apprendre de nouveau ce matin ? Jésus prêchait en parabole c’est à dire raconte sous forme de langage caché, de comparaison des histoires toutes simples des faits quotidiens. Il s’agit de transmettre un message qui parle de Dieu, de lui, des hommes sans les nommer. En effet, parler en parabole permet de ne pas réduire ou enfermer le récit dans une seule interprétation mais au contraire de l’ouvrir à des possibles infinités de paroles, des chemins divers, de pistes de réflexion.
Le mot « parole » vient de la parabole. La plupart des théologiens pense que parmi les formes de discours de Jésus, la parabole est la plus proche des vraies paroles de Jésus. C’est pour nous dire les richesses que nous apporte le parler en paraboles.

Ainsi, que nous apporte-t-il de plus ce récit sur la vigne et les sarments au cœur de notre vie et notre actualité ?

Tout d’abord, la plupart d’entre vous ont certainement la main verte et possèdent quelques pots de fleurs, des magnifiques jardins à fleurs, des arbres, des jardins portagés. Et je ne peux pas imaginer le nombre d’heures que vous y passer et les efforts que vous y consacrez pour les entretenir quel que soit la couleur de la météo. Rappelez-vous les énormes investissements des viticulteurs de certaines régions en France cet hiver. Ils ont tout fait pour sauvegarder leurs récoltes pour lutter contre le gel en installant des systèmes de chauffage pour réchauffer l’air autour des vignes. Mais malgré leurs durs combats, des feuilles et des bourgeons sont brûlés par le gel. Certains ont perdu jusqu’à 80% de leur domaine d’exploitation.

Ce récit s’inspire de la tradition biblique sur la vigne où se raconte l’histoire des relations entre Dieu et le peuple d’Israël (Esaïe 5). Cette métaphore permet de souligner les soins et l’amour que Dieu porte pour son peuple comme aurait fait n’importe quel vigneron pour son vignoble, n’importe quel jardinier pour son jardin.
Dans quel objectif ? C’est pour avoir un joli jardin, pour espérer d’obtenir des fruits abondants, pour avoir une bonne récolte qui permet de se nourrir, telle une nourriture vitale pour l’homme sans laquelle il risque la mort.
Dans cette même perspective, Jésus veut nous communiquer des choses essentielles dont nous ne pouvons ni ignorer ni passer outre lorsqu’il se qualifie, dans d’autres passages, comme le véritable pain, la vraie lumière, le bon berger. Et ici dans ce récit il se nomme la vraie vigne.
L’adjectif « vrai » signifie en un sens authentique, véritable. C’est-à-dire ce qui provient de Dieu, de la Sagesse de Dieu. Jésus s’identifie à la vraie vigne sur laquelle vont s’attacher les sarments, autrement dit les croyants. Il ne s’agit donc pas de s’attacher à l’observance stricte de la loi ni à faire des belles longues prières ni à faire de la morale comme les chefs religieux du temps de Jésus, traduit aujourd’hui comme ceux qui croient être des bons chrétiens modèles. Il s’agit de relier à la vraie vigne.
Ainsi, notre existence n’est plus une question d’appartenance au peuple de Dieu ni à une telle communauté ni Eglise, mais encrée dans la relation au Christ pour en recevoir la sève nourricière. Jésus est Celui qui est solide, comme la vigne (bois), sur qui on peut compter. Il est le roc sur lequel est fondée notre vie. Lui seul est le plant de vigne qui porte des sarments féconds. C’est de Lui que découle la sève, autrement dit la parole de Dieu. Mais Jésus est lui-même la Parole, la vraie Parole de vie.

Dans cette parabole, le verbe « demeurer » suivi de la préposition « en » revient 7 fois. Il y a une invitation à lâcher prise, une insistance à adhérer fidèlement. Demeurer en Christ c’est demeurer dans sa parole. Cela exige de la part des croyants une fidélité dans le temps dont seule l’union avec le Christ est la condition nécessaire et suffisante pour produire de fruits. Le Christ lance un appel formulé à l’impératif que l’on ne peut échapper. Pour subsister, les sarments ne peuvent pas se détacher de la vigne. De même, les croyants doivent renoncer à leurs propres forces et leurs propres autonomies. « Demeurer en Christ » est une manière de vivre, une expérience concrète nourrie par la parole libératrice reçue tout en lui restant fidèle, par la confiance, par la prière persévérante peu importe qu’elle serait exaucée ou pas.

« Demeurer en » fait échos à cette relation forte de Dieu avec son Fils comme Jésus avec ses disciples. Les sarments, c’est l’image de l’Eglise, de chaque être humain qui est nourri par le Christ de manière implicite ou explicite en actes et/ou paroles. Mais il est donné à chacun la liberté de se développer, de s’épanouir mais aussi la possibilité de s’émanciper tout en acceptant de mourir (taillage, purification) et de renaitre en Christ une vie nouvelle.
Demeurer en Christ c’est croire à l’avenir dans l’incertitude, c’est croire que notre vie n’est pas vouée à l’échec ni réduite à jamais qu’à des épreuves insurmontables, remplie d’amertume. Mais croire que le moment viendra où elle peut aussi être remplie de douceur et agréable comme une grappe de raisins qui offre une pulpe sucrée, ferme et juteuse.
Demeurer en Christ c’est porter des fruits non pas pour soi mais pour les autres, c’est se mettre en marche de tout son être, c’est être animé de l’amour du Christ à savoir les gestes du don total qui relèveront que la sève de la Vigne coule bien dans nos veines. Amen.

Mot de la Présidente

Chères et chers ami(e)s,

Voici quelques annonces concernant notre Paroisse.

  • Jeudi 6 Mai, culte au Refuge à 15 h.
  • Vendredi 7 Mai, à 18 h à Rouvière, réunion de réflexion sur le thème du synode 2022.
  • Dimanche 9 Mai, culte intergénérationnel, à 10 h 30, à Rouvière, avec tous les enfants. Parents, grands-parents, merci de prévenir Ludivine que votre enfant soit présent ou excusé, pour une bonne organisation. Pour l’Ecole Biblique et le Catéchisme, les enfants mangeront ensemble et poursuivront la catéchèse l’après-midi.

Je rappelle la permanence à la Tourette, les samedis après-midi de 15 à 17 h, pour consulter, acheter des livres d’occasion à très bas prix sur le thème « religieux » au sens très large, tout en discutant autour d’un café si vous le souhaitez.

Bonne semaine à chacune et chacun d’entre vous.
Très fraternellement.

Josiane Estrabaud, Présidente du Conseil Presbytéral

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