Méditation du 7 mars par le Pasteur Fidy RAKOTOZAFY

1Cor 1 22-25 & Jean 2,13-25

J’ai évoqué la semaine dernière que le Dieu d’Abraham, selon Gen 22, est un Dieu tout Autre, à savoir celui Il n’est pas défini à l’image de ce que nous voudrions être comme Dieu. Selon le texte que nous venons de lire ce matin, l’apôtre Paul nous fait découvrir une autre image de Dieu. Celui qui se manifeste en Jésus-Christ et en qui il se rend présent. Il ne se dévoile pas dans la toute-puissance mais dans la faiblesse, dans la finitude. Ce Dieu là connait la souffrance, la douleur et passe par la mort sur la croix. Paul, fière d’être pharisien, un spécialiste de la loi, a fait expérience avec le Dieu de Jésus-Christ sur la route de Damas (Actes 9), au cœur de sa conviction prétendant avoir connu Dieu dans la connaissance et l’obéissance parfaite de loi juive et la Torah. Cette rencontre a transformé son existence et a changé la représentation qu’il avait de Dieu.

En effet, Paul s’adresse à la communauté de Corinthe, divisée en fraction rivales. Ces discordes présentent des tendances théologiques différentes auxquelles chaque groupe se déclare y appartenir, autrement dit veut marquer de son identité chrétienne. Certains se penchent vers Paul, Apollos, Pierre, et d’autres vers le Christ 1Cor 11. Cela fait échos à l’histoire de notre Eglise il y a quelques années. Lors de mes visites, certains disent, j’étais de l’Oratoire, de la Chapelle, et d’autres se revendiquaient d’être du Temple neuf. Aujourd’hui encore, les divisons existent au sein du christianisme : reformés, évangéliques, baptistes, catholiques, Armée du Salut, un simple chrétien sans dénomination confessionnelle… Ainsi, Paul remet la pendule à l’heure. Chacun est libre de vivre sa foi là où il se sent le mieux sans qu’il soit animé par l’orgueil spirituel qui risquerait de vider, d’anéantir le sens de la croix du Christ.

Que voulait dire Paul ? D’une part, il encourage cette communauté à ne pas laisser les divisions corrompre la relation fraternelle mais à rester bien unis dans la même pensée et dans le même dessein, par le nom de Jésus-Christ. Et d’autre part, Paul recentre son discours sur la théologie de la croix. C’est-à-dire au-delà des divisons et des querelles, de l’appartenance confessionnelle, rituelle, ou religieuse, l’être humain ne peut pas connaître ni percevoir d’autre visage de Dieu que celui de Jésus crucifié. En effet, la mort de Jésus sur la croix dévoile la perdition de l’homme qui a refusé de reconnaitre Dieu dans la personne du Christ mais aussi lui permet de rencontrer le Dieu de grâce dans une nouvelle relation personnelle.

On ne peut pas connaitre Dieu ni par la sagesse humaine ni par la faculté intellectuelle. Le sage renvoie aux philosophes Grecs, le terme philosophe signifie « celui qui aime la sage ». Les scribes regroupent la classe juive instruite comme les rabbins et docteurs de la loi. Les disputeurs sont probablement des enseignants grecs, des érudits. Il n’y a rien de mal à la sagesse ni au savoir. Mais Dieu a mis sa sagesse à la disposition de l’humanité, une stupidité aux yeux du monde.
Le Dieu mort sur la croix, est un vrai scandale, un non-sens. C’est quelque chose d’impensable. Car Dieu ne peut pas être faible ni mourir. Pourtant c’est ce que Dieu a fait et voulu pour le salut de l’humanité, pour nous montrer une autre image de lui à travers Jésus crucifié.
L’homme est incapable de se sauver lui-même ni par sa sagesse ni par ses propres effort ni par ses connaissances bibliques…C’’est pourquoi, Dieu prend l’initiative de le sauver dans son impuissance par la croix du Christ et la folie de la prédication.

Pour croire en Dieu, comme ses Juifs et Grecs, on veut des preuves irréfutables à sa puissance, à sa divinité, à sa présence dans nos vies. Comment faire confiance à un Dieu faible et qui s’est laissé mourir sur la croix ? La prédication du Christ crucifié est un moyen que Dieu a choisi pour ébranler le rempart de nos convictions, nos logiques humaines, nos dogmes immuables. Dieu a choisi l’inacceptable à nos yeux pour nous inviter à croire, à reconnaitre son action dans le Christ crucifié pour notre salut. Car la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ n’est pas une exhortation à comprendre mais à croire.

Cette image de Dieu peut nous heurter comme celle de Jésus que l’Evangéliste Jean nous laisse voir lorsqu’il chasse des parvis du temple des marchands d’animaux à sacrifice à l’approche de la Paque, des changeurs et le bétail. Il s’identifie comme le temple et sa destruction est comme sa mort sur la croix. Le temple est un lieu de la présence de Dieu pour les Juifs. Mais par la mort et la résurrection de Jésus, Dieu devient le Dieu tout Autre. Il n’est pas enfermé dans un coffre ni un bâtiment. La présence de Dieu se manifeste pleinement en Jésus-Christ. Ainsi, que dirions-nous de l’intérêt que nous portons sur nos temples ? Que pensons-nous de la désacralisation des lieux de cultes ?
Cette communauté de Corinthe peut-être la nôtre. Malgré nos désaccords, essayons de tirer des leçons du message de la croix. N’oublions pas que Dieu aime son Eglise à la folie malgré ses imperfections. Chacun-e de nous est le temple de Dieu. Dieu nous aime et accorde la grâce.

En ce temps de carême, Jésus nous invite à une réflexion personnelle, à un cheminement dans la recherche de Dieu dans la prière, la méditation, la contemplation.
La croix renverse toutes représentations de Dieu, tout orgueil, toutes conceptions de la puissance et de la sagesse des hommes. Elle vient s’intégrer dans nos infirmités, nos faiblesses pour nous rendre capables d’accomplir ce qui est bien et sage aux yeux de Dieu et de ceux des hommes, et enfin de lui être agréable. Amen.

Mot de la Présidente.

Chères et chers ami(e)s,

Voici quelques annonces concernant notre Paroisse.

  • Mardi 9 Mars, à 15 h à Rouvière, salle paroissiale, ecclésiole avec Michel Bardy
  • Samedi 13 Mars, Assemblée Générale du Consistoire, à 14 h, salle de la Cause, 91 rue Sœur Audenet à Castres. Tous les membres de nos Paroisses sont invités.
  • Dimanche 14 Mars, à 10 h 30 au Temple de Rouvière, culte intergénérationnel avec reprise de la catéchèse.

Je vous rappelle les conférences de Carême Protestant, sur France Culture, tous les Dimanches de 16 h à 16 h 30 sur le thème « Les chrétiens pourraient changer le monde »
Aujourd’hui, le sujet est « que faire avec le Dieu argent ? »
Et dimanche prochain « la science pourrait-elle nous sauver ? »

Le journal « Ensemble » du mois de Mars est arrivé. Un article sur notre paroisse Mazamet-Alentours y figure. Ceux qui ne sont pas abonnés peuvent retrouver ce journal dans l’entrée du Temple de Rouvière. Et s’abonner par la suite pour rester informés de tout ce qui se passe dans nos paroisses du Sud-Ouest.

Pour les Journées Paroissiales Connectées, les divers stands s’organisent. Si vous souhaitez les achalander avec des plats cuisinés, de la pâtisserie, mais aussi des vêtements et ustensiles pour le stand « deuxième main »…. contactez au plus vite les responsables de stands car tout sera mis sur le site de la Paroisse ainsi que dans le journal de Paroisse « Les échos de l’Autan » à partir du 24 Mars.

Bonne semaine à chacune et chacun d’entre vous.
Très fraternellement.
Josiane Estrabaud,
Présidente du Conseil Presbytéral
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