Méditation du 28 février par le Pasteur Fidy RAKOTOZAFY

GENESE 22 – V 1 à 19

Le récit de l’épreuve traversée par un autre devient un lieu d’épreuve pour celui qui l’entend dit la psychanalyste Mary Balmarie, auteur de l’ouvrage « Abel ou la traversée de l’Eden », que je suis en train de lire en ce moment.

Autrement dit, on ne peut pas lire ce récit de la Genèse passivement sans que l’on ne soit interpellé, voire touché intérieurement, voire même s’identifier comme étant le sujet.

En effet, qui d’entre nous peut rester insensible face à l’épreuve que traversent Abraham mais aussi Isaac son fils? Entendre ce récit aujourd’hui dans son contexte ne peut-être que choquant, inadmissible notamment dans le cas d’un parent. Sacrifier la vie de quelqu’un surtout d’un enfant peu importe son âge, de son propre enfant, soi-disant pour obéir à un commandement d’un autre quelle que soit sa position hiérarchique ou au nom d’une idéologie ou d’une conviction, est quelque chose d’insensé et de condamnable.

Mais quel dieu peut demander une chose pareille ? C’est la pire des fautes qu’on pourrait commettre faisant basculer l’homme de l’humain à l’inhumain.

Pourtant l’histoire et les horreurs de la guerre, la réalité nous dévoilent des exemples de ce type. Comme le massacre des innocents dans l’Evangile de Mat 2,16 commandité par le roi Hérode, craignant que Jésus ne vienne à le détrôner. Les enfants sacrifiés pour faire la guerre au nom d’un dieu ou en l’honneur de leur pays. Sans oublier, ceux qui travaillent dans les mines pour les batteries des véhicules électriques que nous conduisons au nombre de 40 000 en 2020 selon l’ONU. Puis, des parents qui exploitent leurs enfants. A ce jour, nombreux sacrifient encore leurs vies par respect à leurs parents pour le choix de leurs conjoints, de leurs études, de leurs métiers…Enfin, récemment, les faits divers ici et là en témoignent.

Il y a dans la Bible des textes que nous évitons à lire, comme celui-ci par exemple. Ils sont difficiles à comprendre, risquent de nous bousculer, voire même de faire perdre notre foi. Le judaïsme l’appelle « la ligature d’Isaac » car celui-ci n’est pas sacrifié. Le christianisme y verrait une préfiguration du salut offert en Jésus. La tradition musulmane explique que l’enfant qui devait être sacrifier n’était pas Isaac mais Ismaël (Gen17,20). Nombre de commentateurs livrent plusieurs interprétations.

Mais je vais essayer de vous partager ma réflexion sur l’éthique face à une situation de choix difficiles et presque impossible qu’un être humain doit faire face.

Le Dieu d’Abraham voudrait-il le sacrifice de son fils unique Isaac ?

C’est le Dieu qui l’a toujours conduit depuis le début de son histoire, sur qui il peut compter et à qui il fait confiance. C’est le Dieu de la promesse d’une terre et d’une descendance. Une promesse de grande bénédiction pour toutes les nations de la terre par cette descendance dit le texte.

Avait-il réellement compris ce que Dieu attendait de lui ? Avait-il l’intention de tuer son fils Isaac ou non ? On a l’impression que le sacrifice allait vraiment avoir lieu puis au final non. C’est comme un film où on met en scène jusqu’au dernier moment le suspens. Puis, le meurtre est évité, car le secours est arrivé au bon moment.

Le récit met en scène une situation de choix dramatique entre deux valeurs : doit-il mettre en exécution l’ordre que Dieu lui a donné, ou bien doit-il refuser de s’y soumettre ? Autrement dit, Abraham doit-il choisir entre son obéissance à Dieu et son attachement à son fils? Doit-il choisir entre le respect qu’il accorde à l’appel de Dieu et la possibilité d’une descendance ? Si oui, qu’est-ce qui motive son choix ? De plus, pourquoi il a été mis à l’épreuve alors qu’il avait été déjà béni par Dieu ? On n’a pas de réponses, en tout cas, je n’en ai pas non plus à vous donner.

Mais on peut dire que dans le cas où il a l’intention de sacrifier son fils, il a laissé la raison terrestre. Il est dans le domaine de la foi absolue que Kierkegaard qualifie « la suspension de l’éthique ». Mais qu’Emmanuel Kant le définit comme l’immoralité de l’exigence de Dieu.

Qu’est ce qui se passerait si Abraham avait désobéi à Dieu ? Se priverait-il de sa bénédiction ?
Dans les deux cas, il y a une chose importante qu’il faut souligner : le Dieu d’Abraham est un Dieu tout Autre. Il n’est pas défini à l’image de ce que nous voudrions être comme Dieu.

Insaisissable, il est le Dieu de grâce mais non totalitaire, il est le Dieu de la confiance. Et notre confiance en Lui ne consiste donc pas à offrir en sacrifice une part de nous-même pour lui faire plaisir mais simplement lui ouvrir notre cœur pour recevoir son amour et pour vivre sa présence.

Nous sommes, nous avons été, nous serons un jour confrontés à des choix difficiles, des choix impossibles : décisions médicales, politique de pauvreté, d’immigration, de mondialisation puis l’éducation et l’avenir de nos enfants…

Faire un choix se traduit par un attachement à l’un et abandon de l’autre. Il s’agit d’un jugement qui appartient à chacun de nous. Dans une telle situation, toi, que ferais-tu ? Mais un choix ne peut pas s’accompagner sans risque qu’on peut évaluer ou pas.

En posant le pour et le contre, peut-être que ce n’est pas la bonne solution, mais peut-être la bonne. Il faut bien avancer, il faut bien prendre une décision. Il s’agit d’une question de foi mais aussi de doute. Par exemple, je crois entendre l’appel de Dieu mais je ne sais pas trop comment je vais m’y prendre. Je ne suis pas vraiment sûr mais pourquoi ne pas quand-même essayer. Comme le cas de Pierre lorsqu’il a marché sur l’eau vers Jésus Mat 14,22. Répondre à l’appel dit Jean Daniel Causse, n’est rien d’autre que la confiance dans un don reçu qui est promesse d’une histoire nouvelle. L’appel est une grâce que Dieu nous donne.

Face à la crise sanitaire, faut-il confiner ou pas ? C’est compliqué pour tous que l’on soit pour ou contre. On n’en a assez ! Mais quelle serait alors la meilleure solution et la plus efficace ? Il n’y a pas de solution toute faite ni bonne à 100%. Cela appelle au discernement et à la confiance qui n’élimine pas le risque. Mais cela incombe d’abord à la responsabilité de chacun-e

Dieu a fait une promesse à Abraham. En ce temps de Carême, rappelons-nous aussi l’alliance de Dieu avec l’homme, avec chacun de nous. Ce n’est pas pour nous imposer sa loi mais pour nous promettre le salut maintenant accompli en Jésus-Christ. Choisis la confiance et tu vivras, et les autres vivront.

Amen.

Mot de la Présidente

Chères et chers ami(e)s,

Voici quelques annonces concernant notre Paroisse.

Hier, samedi, nous avons eu une réunion de préparation des Journées Paroissiales Connectées.
Nous souhaitons leur donner plus d’importance et nous avons besoin de toutes les bonnes volontés pour préparer des plats à emporter, de la pâtisserie etc…. Faites vous connaître rapidement car tout sera mis sur le site de la Paroisse ainsi que dans le journal de Paroisse « Les échos de l’Autan » à partir du 24 Mars.

Pour cette semaine :

  • Vendredi 5 Mars, à 15 h, à Rouvière, Journée Mondiale de Prière. Pour rappel, la JMP est un mouvement œcuménique mondial initié par des femmes chrétiennes à la fin du XIX siècle. Le 1er Vendredi du mois de Mars, un même thème, des mêmes mots réunissent les chrétiens dans plus de 120 pays pour prier et agir. Cette année, c’est le Vanuatu, un état constitué de plusieurs îles en mer de Corail, ancienne colonie franco-anglaise, indépendant depuis 1980.
  • Dimanche 7 Mars, à 10 h 30, culte à Rouvière. Je vous rappelle les conférences de Carême Protestant, sur France Culture de 16 h à 16 h 30 sur le thème « Les chrétiens pourraient changer le monde »
  • Samedi 13 Mars, Assemblée Générale du Consistoire, à 14 h, salle de la Cause, 91 rue Sœur Audenet à Castres. Tous les membres de nos Paroisses sont invités.

INFO RAPPEL :

Voyage à Perros Guirec (Bretagne)
Comme vous avez pu le lire dans le dernier journal paroissial, le projet de voyage du 28 Mai au 31 Mai, sous la houlette de Jeannine et Jean-Louis Prunier, dépend de plusieurs facteurs.
L’un d’entre eux est le nombre d’inscrits.
Si vous êtes intéressés, merci de contacter au plus tôt Jeannine au 06 30 80 19 61 ou

Bonne semaine à chacune et chacun d’entre vous.
Très fraternellement.
Josiane Estrabaud,
Présidente du Conseil Presbytéral