Méditation du 21 février par le Pasteur Franck Bergeron

Lecture Biblique : Marc 1 v 12 à 156

Le style littéraire de l’Evangile de Marc est remarquable par sa sobriété et son dépouillement. Contraste avec ce qu’on imagine des tours et détours des palabres méditerranéens, le deuxième évangile est redoutablement efficace par sa précision !

Notre péricope commence par : « Aussitôt après … » Aussitôt après son baptême, l’Esprit de Dieu pousse Jésus dans le désert. L’Evangile de Marc commence directement par le baptême de Jésus sans les récits de l’enfance que nous lisons chez Matthieu et Luc et qui nourrissent le temps liturgique de Noël.

Dans ce geste qui nous semble inutile, il y a tout l’amour de Dieu. Le baptême de Jésus résume et annonce tout le projet de l’Evangile. Il inaugure et proclame l’évènement central de la foi c’est-à-dire la mort et la résurrection du Christ. Alors le temps chronologique, le chronos, est dépassé. Le temps ne s’écoule plus seulement du passé vers l’avenir. Mais l’évènement de Pâques surgit à chaque instant, hier, aujourd’hui et demain.

C’est tout l’Evangile et en écho toute l’existence qui doivent être relus dans cette perspective.

«Aussitôt après, l’Esprit le pousse dans le désert. »Dans notre texte le désert arrive juste après le baptême. Mais dans l’ensemble du Pentateuque (Ensemble de textes de l’Ancien Testament), ce terme apparaît essentiellement à partir de l’Exode pour évoquer l’expérience de la longue traversée effectuée par le peuple hébreu, sous la conduite de Moïse, entre la sortie d’Égypte et l’arrivée en Terre promise. Les textes bibliques décrivent ainsi quarante ans d’errance, caractérisés par des difficultés multiples. Le peuple y affronte la faim, la soif, la guerre, la brûlure des serpents, le découragement…

Si le désert est un lieu d’épreuves, il est aussi un lieu de grâce et de révélation; un lieu où Dieu parle au cœur de l’homme et lui confie les tables de sa loi. Sur ce chemin éprouvant propice au dépouillement et au retour sur soi, au long de cette marche initiatique, les hébreux font l’expérience de l’indispensable protection de Dieu.

Au fil du temps les chrétiens ont lu dans le thème du « désert » le lieu de leurs épreuves que se soit pendant la période du « désert » qui pour les protestants français revoie aux années qui suivirent la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, les persécutions et l’exode. Il nous reste un musée dans les Cévennes près d’Anduze : le Musée du Désert. Mais aussi plus récemment pendant la période de l’occupation de la France par les nazis, nombre de prédications tournaient autour du thème du désert pour qualifier les horreurs subies à cette époque. Le thème du désert sera aussi repris par les théologiens de la libération en Amérique du Sud au XX siècle comme dom Helder Camara ou Georges Cazalis.

Par ailleurs, depuis des temps très anciens, la tradition liturgique a, elle aussi, repris l’image du désert en créant le temps de Carême qui dure quarante jours, en écho aux quarante années passées dans le désert par le peuple hébreu. Ce temps liturgique qui s’est ouvert mercredi dernier, mercredi des Cendres lendemain d’un jour de fête plus connu : Mardi Gras.

Mais comment entendre aujourd’hui ces paroles ? Certains avancent que le désert est le lieu du combat contre le diable. Au XXI siècle ce n’est plus le lieu isolé des premiers anachorètes mais ce combat aurait lieu là où grouillent les humains avec leurs injustices, leurs jalousies et leurs haines … souvent la ville !

Si je fais facilement mienne cette interprétation, je vous en propose aussi une autre. En effet, le « désert » est le lieu de la désolation. Il n’y a rien ni personne. C’est le lieu vide sans âme qui vive, sinon … soi même. Si nous allons au désert nous n’avons d’autre compagnon que nous même, et c’est terrible ! Comme le répète Pascal, la compagnie de nous-même est si épouvantable que nous passons notre existence à essayer d’y échapper, en nous distrayant par le travail, les idéologies, la consommation …

Le confinement que nous subissons à cause de la pandémie du Coronavirus est abominable parce qu’il nous prive de liberté, de rencontres et d’occasions de joies mais aussi parce que nous nous retrouvons dans ce face à face avec nous même que nous redoutons tant ! Notre compagnie nous est insupportable…

L’Esprit de Dieu pousse Jésus dans le désert. Et c’est là qu’arrive le diable ! Au désert, il n’y a personne d’autre que moi. Le diable alors, c’est moi ! Dans le face à face avec moi-même je peux le voir dans le miroir. Il est tour à tour l’accusateur, le dieu unique, la référence et l’imposteur. Il change sans arrêt de visage au gré des fantaisies de mon regard…

C’est dans cette impasse que la Bonne Nouvelle de Dieu vient nous chercher ! Dieu ne nous a pas créés pour nous conduire au désespoir, mais en Jésus le Christ, Il vient nous tirer hors de l’impasse.

« Le moment favorable est venu, disait-il, et le règne de Dieu est tout proche ! Changez de vie et croyez à la bonne nouvelle ! » Oui changeons de vie, ces vies désespérantes pour nous et pour nos proches.

Partageons l’Espérance du Dieu de la vie ! Notre monde a un avenir, une espérance et nous allons le lui rappeler. C’est parce que nous croyons en Dieu qui croit en l’humain que nous savons que le monde a un avenir !

AMEN

Pasteur F. Bergeron

Mot de la Présidente

Chers(es) amis(es)

Dans les nouvelles des paroissiens, nous nous réjouissons avec Sophie et Marc Montagné de la naissance de Tess, venue agrandir la famille de leur fils Pierre-Jean.

Cette semaine,

– mercredi 24 février, à 15 h : ecclésiole du groupe de La Tourette, exceptionnellement à Rouvière.

– jeudi 25 février :

à 13 h 30 : réunion de préparation du journal paroissial à Rouvière

à 15 h : culte au Refuge, exceptionnellement.

à 16 h : prière oecuménique à Rouvière

– samedi 27 février, à 10 h 30 : réunion de préparation des Journées Paroissiales Connectées, à Rouvière.

– dimanche 28 février, à 10 h 30 : culte au Temple Av. Rouvière.

Pour le voyage à Perros-Guirec, si vous êtes intéressés, merci de contacter Jeannine Prunier. Un bilan et des décisions seront prise début Mars, en fonction du nombre d’inscrits.

Bon Dimanche.

Fraternellement.

Josiane Estrabaud,

Présidente du Conseil Presbytéral

RESUME DU CP DU 18 FEVRIER

Le CP au travail

Le conseil presbytéral s’est réuni jeudi en visio.
Divers sujet ont été abordés :

L’assemblée générale de notre paroisse est repoussée à une date ultérieure.Nous espérons pouvoir l’organiser en présentiel sinon si ce n’est pas possible nous l’organiserons comme beaucoup d’autres associations par correspondance.

Journées connectées
Une réunion est prévue samedi 27 février à 10h30

Point finances : nous terminons l’année 2020 avec un déficit de  8057€
Au vue de la crise sanitaire que nous vivons depuis un an nous pouvons être satisfaits.
Un grand merci à vous tous pour vos offrandes, votre participation aux journées paroissiales connectées, vos dons…

Temple St Jacques :
Le travail effectué depuis plusieurs semaines par la commission a permis de choisir l’entreprise et les travaux devraient  commencer d’ici quelques semaines.
Des courriers pour des demandes de subventions ont été envoyés à diverses organismes : Etat – région  – département – communes – députés – sénateurs – fondations… – un appel aux dons va être lancé auprès des paroissiens.
Un grand merci à toutes les personnes qui travaillent pour faire avancer au mieux cette rénovation nécessaire.