Méditation 14 février par le Pasteur Fidy RAKOTOZAFY

Marc 1, 40-45

Apres le baptême de Jésus, l’appel et la composition des premiers disciples, le chapitre 1 de l’Evangile de Marc introduit une série de guérisons : de malades, de démoniaques. Au verset 40, Marc raconte la guérison d’un lépreux qui s’est échappé de l’endroit réservé pour ce genre de personnes considérées comme impures selon la Loi de Moise. (Lv 13-14). La lèpre, une maladie de la peau, est un mal en soi. A cette époque, le lépreux est interdit de côtoyer le monde des gens soi-disant « purs » car il risque de contaminer les autres de son impureté. Ainsi, il est rejeté de la société et doit vivre en dehors de la cité, dans un endroit clos, comme un condamné à mort enfermé dans sa cellule de quelques mètres carrés, et qui n’a plus aucun espoir de retrouver la liberté, une vie sociale normale où il est reconnu comme une personne à part entière.

Cette maladie remonte à 600 avant J-C. A ce jour, elle ne touche pas notre pays mais reste un problème majeur dans 14 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine selon l’Institut Pasteur. L’OMS estime qu’il existe aujourd’hui 2,8 millions de lépreux dans le monde dont 12 millions ont été guéris dans les 20 derniers années. Il n’y a pas à se décourager, il y a de l’espoir.

Si les lépreux dérangent l’ordre de la société, s’ils paraissent loin de nos vues et de nos pensées, ils ne sont pourtant pas si loin que ça mais présentés sous différents aspects, subissant un sentiment d’indifférence, d’exclusion, d’incompréhension, du mal être et de solitude. Aujourd’hui, la parole se libère peu à peu tels les témoignages des victimes d’inceste, de la violence, de l’injustice sociale, de la crise sanitaire.
Face aux malheurs, Dieu est-il sourd ? Où se situe notre place et responsabilité en tant que citoyen du monde et du royaume de Dieu ? (Silence).

Revenons à ce récit qui comporte des contrastes et des oppositions. Mais ma réflexion se limitera aux versets 40 et 41 où le lépreux prend le risque de sortir en public pour rencontrer Jésus.

D’abord, retour au verset 30. Jésus s’approche de la belle-mère de Simon alitée, l’a prise par la main et l’a faite lever, c’est-à-dire, l’a ressuscitée. Dans le cas du lépreux, ce n’est pas Jésus qui est venu à sa rencontre mais c’est lui qui a pris l’initiative d’aller vers Jésus. Peu importe ce que les gens et les autorités pensent de lui, ce que cela va lui couter, il était prêt à franchir l’interdit. En proclamant la bonne nouvelle du royaume de Dieu dans sa région (Galilée), Jésus commence être connu grâce à son autorité sur les forces démoniaques et sur les maladies. C’est une occasion favorable qui se présente pour le lépreux, il n’a rien à rien à perdre. C’est lui qui a fait la démarche d’aller vers Jésus et du village quitte à enfreindre la loi qui le réduit à jamais dans son infirmité.
Quel courage de sa part d’exposer sa maladie devant tout le monde et de se mettre à genoux devant Jésus en le suppliant : « Si tu le veux, tu peux me rendre pur ». Soulignons qu’il n’a pas demandé une guérison mais une purification. Il ne s’agit pas seulement de soulager un corps malade mais de le restaurer comme sujet humain apte à des relations sociales normales. Car sa maladie est une honte au regard des autres. Et son désir c’est de retrouver une peau lisse et saine, pour sortir de son isolement, pour avoir la possibilité de travailler et de construire une nouvelle vie. Voyant cet homme à terre, Jésus est ému de compassion, c’est à dire touché au plus profond de ses entrailles, de ses tripes. En grec cela évoque la matrice maternelle, c’est quelque chose de très intime, une émotion très profonde que seule une mère peut la ressentir. Mais Jésus se met en colère face à tout ce qui isole l’homme de la vie communautaire, à la désobéissance de celui-ci. Mais il se laisse toucher intérieurement par la souffrance de cet homme et accompagne ses émotions avec des actes. Il lui tend la main et le touche. « Je le veux, sois pur. Aussitôt la lèpre le quitta ; il était pur. ».

Si le lépreux a désobéit la loi, Jésus rempli d’émotions va franchir non seulement la barrière entre le pur et l’impur, mais aussi la barrière entre la vie et la mort en touchant le lépreux. Ce qui est urgent et vital en ce moment précis, c’est de sauver cet homme. Nous pouvons nous ressembler à ce lépreux. Jésus qui est pur n’a pas peur de prendre sur lui nos impuretés quelles qu’elles soient, celles qui nous nous pèsent et nous font souffrir pour que nous en soyons entièrement délivrés. Sur la croix, il a donné sa vie pour toute l’humanité pour faire jaillir un élan d’espérance, pour dire non au mépris et oui à l’amour, pour dire non à la loi qui tue et oui à la grâce, pour dire non à l’emprise du mal et oui à la liberté, pour dire non à la mort et oui à la vie.

Dans notre société, la crise sanitaire a durement éprouvé la vie sociale notamment la distance physique et l’interdiction de toucher dont l’objectif est d’endiguer la propagation du virus. Selon la professeure d’économie Claudia Senik sur France culture, « une enquête de Santé Publique France montre que les indices d’anxiété, de dépression et même de pensées suicidaires commencent à avoir une prévalence très élevée. Surtout chez les personnes âgées recluses et chez les jeunes qui sont en train de rater la période où les relations sociales sont un facteur de construction de soi ». Au fil du temps, la distanciation génère des impacts néfastes sur nos relations sociales, amicales, amoureuses. Car, l’être humain a besoin de toucher pour sentir des émotions, d’être touché sans quoi la vie n’a plus de sens. Le toucher est un geste de guérison et résurrection, fait du bien, améliore la relation fraternelle et la cohésion sociale. D’un point de vue éthique : devons-nous respecter les mesures barrières à la lettre ou assumer les conséquences prévisibles de nos actes pour sauver des vies ?
Jésus est venu nous rejoindre au cœur de notre vie, de nos combats. Quelles que soient nos impuretés, il nous invite à rencontrer Dieu qui se révèle pleinement en Lui.
Que l’Esprit de Dieu nous libère de nos peurs et nous inspire des paroles de vie, des gestes de compassion et d’amour autour de nous.

Amen.

Mot de la Présidente

Chères et chers ami(e)s,

Nouvelles :

C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Monsieur Eric RAGAZ dans sa 71ème année ; les obsèques ont eu lieu vendredi 12 février dans l’intimité familiale.

Annonces pour la semaine :

– Conseil Presbytéral par Zoom le jeudi 18 février à 19 h.

– Dimanche 21, culte à 10 h 30 au Temple de Rouvière.

Informations  :

– Chaque vendredi, à 8 h 45, sur RCF PAYS TARNAIS (MF96.6) quart d’heure protestant de méditation animé par les pasteurs et prédicateurs du Tarn.

Ou à réécouter sur : rcf.fr/spiritualités/paroles-protestantes.

– Chaque Dimanche, du 21 février au 28 mars 2021-Conférences Protestantes de Carême sur FRANCE CULTURE de 16 h à 16 h 30 par le Pasteur Samuel AMEDRO, paroisse réformée du Saint Esprit à Paris, sur le thème « Les chrétiens pourraient changer le monde ».

Rediffusion sur Présence Protestante (100.7) le lundi suivant à 21 h 30 et en podcast sur http://www.franceculture.fr/emission/careme-protestant

La première conférence du dimanche 21 février s’intitule : « Pour changer le monde, soyons subversifs ! »

Nous aurions besoin d’un coup de pouce pour réaliser nos projets paroisse connectée…
Nous créons un stand  » deuxième vie  » c’est pourquoi nous recherchons beaux vêtements homme femme enfants , accessoires :sacs ,foulards, bijoux, chapeaux, chaussures….
Et pour le stand confection , nous recherchons des anciens duvets plume éclaireurs ou autres ou couette enfants, adultes…

Bonne semaine.

Fraternelles pensées.

Josiane Estrabaud,

Présidente du CP