Méditation du 7 février par Jean-Louis PRUNIER

Mc 1, 29-39

24 heures de la vie de Jésus. 24 heures qui racontent à elles seules tout l’Évangile au qui disent à notre Église ce qu’il attend d’elle. 

24 heures.

Ça commence un samedi matin, jour de sabbat. Jésus va à la synagogue avec ses quatre premiers disciples, il y enseigne et y guérit un possédé. Vers midi, ils vont tous les cinq manger dans la maison de Pierre, alias Simon. Mais la belle-mère de Pierre est malade, elle a la fièvre. Alors Jésus la guérit et elle peut de nouveau les servir. L’après-midi, les gens arrivent de plus en plus nombreux à la maison, attirés par la réputation de Jésus. Le soir ils sont très nombreux, devant la porte, et Jésus en guérit beaucoup, soit de leur maladie, soir de leur possession démoniaque. Peut-être, plus tard, va-t-il se coucher ? … Cela n’est pas dit. Mais Jésus quitte la maison le matin, dans la fraicheur de l’aube, pour aller prier dans un endroit désert. On le cherche, on le trouve, et Pierre le gronde en disant : « Tout le monde te cherche ! » Et Jésus parle. Il dit, à ses plus proches disciples : « Allons ailleurs, pour que j’y proclame aussi l’Évangile, car c’est pour cela que je suis sorti. » Et c’est le début d’une grande aventure ; en Galilée d’abord, où Jésus et ses disciples prêchent et pratiquent la diaconie, le service ; puis à Jérusalem, où la Parole de Dieu a failli être définitivement bâillonnée sur une croix infâme. Mais l’aventure continue, la Parole progresse à l’aide d’une « nuée de témoins », « dans toute la Judée et la Samarie jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). La Parole arrive aujourd’hui dans ce temple, comme un message enfermé il y a longtemps dans une bouteille jetée à la mer, échouée aujourd’hui sur notre plage. Aujourd’hui encore, nous entendons la proclamation de Jésus, l’annonce de l’Évangile, de la bonne nouvelle de notre salut car, dit Jésus, « c’est pour cela que je suis sorti. »

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    Le professeur André Gounelle est un spécialiste de la théologie, et particulièrement de la théologie libérale. Il dit dans un de ses livres que le verbe « ressusciter » n’existe pas dans le Nouveau Testament. C’est nous qui l’avons inventé, pour traduire deux verbes grecs qui signifient respectivement se lever et se réveiller. Or dans notre texte on retrouve ces deux verbes. D’abord à propos de la belle-mère de Pierre ; elle devait être très malade ou même morte, vous savez, car à l’époque, même avec de la fièvre, les femmes ne se couchaient pas l’après-midi. Et Jésus la fait se lever en lui prenant la main. En fait Jésus a ressuscité cette femme, il l’a délivrée de la mort. L’autre verbe concerne Jésus lui-même : « Au matin à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert. » Cela ne vous fait-il pas penser au mystère qui règne autour du tombeau vide, avant l’aube du matin de Pâques ? Ce matin-là, Jésus n’a-t-il pas été ressuscité, n’est-il pas sorti du tombeau pour aller dans un endroit inconnu, pour prier, donc pour être en communion avec son père. 

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    Remarquez aussi qui sont les disciples. Ce sont les quatre qui, les premiers, ont répondu à l’appel, André, Simon-Pierre, Jacques et Jean. On les retrouve plus loin dans l’évangile, lorsque Jésus annonce la ruine du temple : « Comme Jésus s’en allait a temple, un de ses disciples lui dit : Maitre, regarde : quelles belles pierres, quelles constructions ! Jésus lui dit : Tu vois ces grandes constructions ! Il ne restera pas pierre sur pierre, tout sera détruit. » (Mc 13, 1-4)

    Et l’on retrouve encore une fois, la dernière fois, les mêmes disciples (moins André) le soir du jeudi saint, au Jardin de Gethsémané, où Jésus s’était retiré pour prier avant de subir l’épreuve finale.

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    Vous le voyez, tout l’Évangile est dans ce texte. Il est même concentré dans cette toute petite phrase de Jésus : « C’est pour cela que je suis sorti. » En effet, Jésus est venu pour prêcher la Bonne Nouvelle et pour guérir les malades. Il est venu pour montrer l’exemple à son Église, pour qu’elle en fasse autant, qu’elle évangélise et qu’elle aille au secours des plus démunis. Mais d’où Jésus est-il sorti ? De la synagogue ? De la maison de Pierre ? Ou bien du sein de Dieu son Père ? Voilà vraiment tout l’Évangile : Jésus, envoyé de Dieu, est venu apporter aux êtres humains la bonne nouvelle de leur salut, et l’opportunité d’être guéris et débarrassés de leurs démons, c’est-à-dire de tout ce qui les empêche de vivre. Jésus est sorti du sein du Père pour prêcher et faire des miracles, pour mourir et ressusciter, et pour inviter son Église à le suivre.

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    « Tout le monde te cherche », dit Pierre à Jésus. Comme c’est vrai ! Encore tellement vrai aujourd’hui ! Tout le monde cherche Jésus, le monde entier est à la recherche du salut, du sens à donner à sa vie, d’autre choses que la désespérance humaine. Oui le monde cherche Jésus, et le texte nous indique où le rejoindre : dans la prière, silencieuse et solitaire. D’abord prier. D’abord trouver dans la prière la force que donne la présence silencieuse du Maître. Et trouver aussi l’Esprit de Dieu qui nous aide à discerner le bien que nous pouvons l’aider à faire pour ceux qu’il aime, nos frères et nos sœurs.

    Ensuite il nous faut entendre vraiment cette Parole décisive : « Allons ailleurs, pour que la Parole y soit proclamée. » Oui Jésus nous envoie en mission, il nous appelle à prendre le risque de l’évangélisation. John Wesley, un Anglais du 18e siècle, avait compris cela, lui qui a réveillé la vieille Église anglicane en prêchant l’Évangile partout, sur les places publiques comme dans les grandes villes industrielles. 

Nous qui nous réunissons chaque dimanche dans nos temples pour écouter une Parole vivante, avons-nous fini notre journée ? Ne faudrait-il pas penser à celles et ceux qui, malades, se retrouvent seul(e)s dans leur maison ? Et ce virus qui continue à nous confiner mois après mois derrière nos masques ne pousse-t-il pas beaucoup de nos frères et sœurs au désespoir, à la plus extrême solitude ? Ne faudrait-il pas, comme Jésus le faisait, s’occuper d’eux pour les aider à survivre, par une parole, un geste, un sourire, une prière, au nom de Jésus qui élimine les mauvais esprits car ils le connaissent et savent qu’il est le plus fort ? N’est-ce pas à cela que Jésus nous appelle, nous, ses disciples ? 

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    Je me rends bien compte à quel point tout ceci est difficile pour nous qui sommes soumis aux mêmes contraintes. Je ne crois pas que Jésus nous demande l’impossible, mais je crois qu’il peut nous libérer intérieurement pour son service, de nous exorciser de nos mauvais esprits, ceux qui nous poussent nos aussi au désespoir. Au fond, à nous son Église, il demande que nous soyons les témoins de sa Parole partout et en tout temps, et non pas seulement au culte, des témoins joyeux et sans honte du message évangélique. Il nous demande d’être à ses côtés dans l’aide aimante qu’il apporte avec nous à nos proches qui souffrent. Il nous demande enfin de refuser nos vieilles habitudes mentales bien confortables, et d’accepter le risque d’une vie vécue à sa suite, hors des synagogues de la loi, dirigée vers les autres pour leur apporter la foi, l’espérance, et l’amour, et les aider dans leur vie quotidienne. A la suite de Jésus, semons sa parole et aidons de notre mieux, afin que toutes celles et tous ceux qui le cherchent le trouvent et, par lui, trouvent le chemin qui mène à ce Royaume promis, où Dieu nous attend, de toute éternité.

Amen

MOT DE LA PRESIDENTE

Les cultes au Refuge ont été à nouveau suspendus en raison des risques sanitaires

Dimanche 14 Février, culte intergénérationnel à Rouvière, à 10 h 30 avec Sainte Cène

Dans le numéro d‘Ensemble du mois de Mars, vous trouverez un grand article sur la paroisse de Mazamet.

Vous trouverez quelques exemplaires supplémentaires du journal au secrétariat de Rouvière ou à l’entrée du Temple, d’ci quelques jours.

Sur le Journal d’Ici de cette semaine,  toute une page est réservée au Temple St Jacques. Un article intéressant à découvrir et à faire lire…

Bonne semaine.

Que Dieu bénisse chacune et chacun d’entre vous.

Fraternellement.

Josiane Estrabaud, Présidente du CP