Culte du 10 mai 2020

L’enregistrement du Culte du 10 mai par le Pasteur Fidy Rakotozafy


Parole d’accueil 

La grâce et la paix vous sont données de la part de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Sauveur. Bonjour et soyez les bienvenus en ce quatrième dimanche après Pâques. Le Seigneur nous appelle. Le Seigneur nous rassemble. Le Seigneur nous unit. Il est présent parmi nous. 

Père, nous te remercions pour ce jour et cette heure mis à part dans notre vie. Voici un temps de paix, d’écoute et de louange ; un temps où, par ton Esprit, nous apprenons à vivre en communion avec Jésus-Christ. 

Louons Dieu avec le Psaume 121 : 

L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et pour toujours. Nous levons les yeux vers des montagnes quelconques, cherchant du secours et de l’aide. Le secours nous vient de l’Eternel, c’est lui qui a fait les cieux et la terre. Il ne permettra pas que notre pied chancelle sur le chemin de notre vie. Celui qui veille sur nous ne s’endormira pas. Voici, il ne sommeille ni ne dort celui qui garde son peuple. L’Eternel gardera ton départ et ton arrivée, dès maintenant et pour toujours. 

Chantons: «Nous t’adorons, ô Père» 

Nous t’adorons, ô Père, Dans ton temple, Nous t’adorons en esprit et en vérité. Tu habites nos louanges, Nous t’adorons en esprit et en vérité. 

Refrain Car un jour près de toi Vaut mieux que mille ailleurs, Je désire habiter dans ton temple. Car un jour près de toi Vaut mieux que mille ailleurs, Je désire habiter Dans ta maison, Seigneur. 

Refrain 2 Car un jour près de toi Vaut mieux que mille ailleurs, Je désire habiter dans ton temple. Car un jour près de toi Strophe 

Vaut mieux que mille Nous t’adorons, ô Père, 

ailleurs, Dans ton temple, 

Je désire habiter Nous t’adorons en esprit et 

Dans ta maison, Seigneur; en vérité. 

Je désire habiter Tu habites nos louanges, 

Dans ta maison, Seigneur ; Nous t’adorons en esprit et 

Je désire habiter en vérité. 

Dans ta maison, Seigneur. 

Prière avant la lecture de la Bible.

Nous avons soif, Seigneur… Soif de ta présence, de ton amour, de ton Esprit, de ta Parole. 

Nous avons soif, Seigneur… Nous venons à toi les mains vides, nous venons les mains tendues. 

Nous venons dans la confiance : tu nous offres l’eau vive, tu nous donnes ta Parole. 

Béni sois-tu, aujourd’hui et toujours. Amen. 

Lecture biblique : Jean 14,1-12, version Nouvelle Bible Second 

Que votre cœur ne se trouble pas. Mettez votre foi en Dieu, mettez aussi votre foi en moi. (Vous avez confiance en Dieu, ayez aussi confiance en moi)
Il y a beaucoup de demeures dans la maison de mon Père. Sinon, vous aurais-je dit que je vais vous préparer une place ?
Si donc je m’en vais vous préparer une place, je reviens vous prendre auprès de moi, pour que là où, moi, je suis, vous soyez, vous aussi.
Et là où, moi, je vais, vous en savez le chemin.
Thomas lui dit : Seigneur, nous ne savons pas où tu vas ; comment en saurions-nous le chemin ?
Jésus lui dit : C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père sinon par moi.
Si vous me connaissez, vous connaîtrez aussi mon Père. Et, dès maintenant, vous le connaissez et vous l’avez vu.
Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit.
Jésus lui dit : Il y a si longtemps que je suis avec vous et tu ne me connais pas, Philippe ? Celui qui m’a vu a vu le Père. Comment peux-tu dire, toi : « Montre-nous le Père ! »
Ne crois-tu pas que, moi, je suis dans le Père, et que le Père est en moi ? Les paroles que, moi, je vous dis, je ne les dis pas de ma propre initiative ; c’est le Père qui, demeurant en moi, fait ses œuvres.
Croyez-moi : moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi. Sinon, croyez à cause des œuvres elles-mêmes.
Amen, amen, je vous le dis, celui qui met sa foi en moi fera, lui aussi, les œuvres que, moi, je fais ; il en fera même de plus grandes encore, parce que, moi, je vais vers le Père….

Prédication 

L’extrait de l’évangile de Jean proposé ce matin, que l’on appelle « le premier discours 

d’adieu de Jésus », sous-entend une notion de crise qui va se produire dans la relation 

de Jésus avec ses disciples après son départ, c’est-à-dire sa mort. Comment vont-ils 

vivre sans lui ? Comment faire pour garder le lien avec lui lorsqu’il ne sera plus là? Tout 

ne sera plus comme avant. Le sentiment de solitude et d’abandon peut provoquer une 

révolte, une perte de repère et de confiance. Il s’agit donc d’une crise que je qualifierai 

une crise existentielle. Jésus, connaissant l’enthousiasme de ses disciples et la 

faiblesse leur foi, anticipe la venue de cette crise. Apres son entretien avec Pierre lui 

disant qu’il le reniera (Jean 13,38), il a pris la décision de s’adresser à l’ensemble de 

ses disciples pour annoncer son départ. Un départ vers un lieu où il va y aller seul pour 

préparer leurs futures places, afin de les accueillir dans la maison du Père. Un lieu de 

repos où nous pouvons déjà demeurer ici et maintenant dans la confiance en Dieu, qui 

se révèle pleinement dans la personne de Jésus-Christ. 

Comme nous le savons, le départ d’un proche n’est pas sans conséquence. Encore plus 

difficile lorsqu’on n’a pas pu lui dire au revoir. C’est une rupture qui laisse des traces 

nécessitant du temps mais n’est pas insurmontable. 

Jésus est conscient que son absence va faire plonger les disciples dans la peur et dans 

la détresse. Vivre sans lui va déstabiliser tout ce que Jésus leur avait enseigné et 

montré, et voir même va ébranler leur foi. L’expression « Que votre cœur ne se trouble 

pas… » signifie que le cœur, le centre de l’homme où se situe sa source de vie, est 

touché par des incertitudes et des tensions intérieures. 

Jésus se fait du souci pour ses disciples et les exhorte non à échapper à la crise mais 

au contraire à l’affronter de face. Pour se tenir debout et avancer dans la vie sans lui, 

Jésus leur dit « Mettez votre foi en Dieu, mettez aussi votre foi en moi ». Ainsi, Jésus 

leur recommande la confiance en lui et en Dieu, c’est à dire de choisir le chemin de la 

vie. Autrement dit, face au sentiment d’abandon, Jésus leur fait connaitre qu’il sera 

toujours avec eux non plus physiquement mais dans la foi, c’est-à-dire dans une relation 

d’amour, une relation de confiance. Car selon Jean, la foi s’inscrit dans une relation 

intime et personnelle avec le Dieu d’amour inséparable avec la foi du Christ. En effet, 

Dieu n’a pas d’autre visage pour les humains que celui de Jésus de Nazareth. Il s’agit 

de la foi en Dieu et en Christ, deux personnes distinctes, liées par une relation 

réciproque, l’un dans l’autre et inversement (verset 11). 

Remarquons que la précision de ce double appel à la foi révèle que seul Dieu peut offrir 

un secours durable, non le monde. Il s’agit d’encourager les disciples à s’en remettre à 

Dieu dans une relation de confiance qui tient la route, ne change pas et est éternelle. 

Ainsi cette invitation à la foi consiste à transformer la foi ébranlée, troublée par cette 

crise en une foi accomplie. 

Cependant, choisir d’accueillir cette foi ne consiste pas à ignorer la réalité ni le monde 

mais à vivre dans la foi au cœur de la réalité. Dans le contexte actuel, c’est oser vivre 

dans la confiance en acceptant d’être confronté au monde sombré dans un chaos. 

Nous avons sans doute fait l’expérience d’une crise au moins une fois dans notre 

existence. Toutes les tentatives ont échoué et toutes les portes de secours nous sont 

fermées. C’est un moment difficile à traverser marqué par des troubles profonds, par 

des états de panique pendant lequel la seule chose à faire c’est d’attendre que cela 

passe. Nos nombreuses questions restent sans réponses. 

Mais, en période de crise, il nous est demandé d’accepter cette situation anormale. 

D’une part il s’agit peut-être de reconnaitre l’humilité comme une vertu de notre condition 

humaine pour faire place au surgissement de la grâce. C’est à dire accepter qu’on n’est 

pas invulnérable ni des êtres sans limites. La mort est un signe de la finitude et de la 

fragilité de l’homme mais n’a pas le dernier mot. Christ, annonçant sa mort, dévoile aussi 

son retour c’est à dire sa résurrection. Ainsi la mort du Christ n’est pas la fin du chemin 

mais révèle la voie qui permet de rencontrer Dieu et la vie dans toute sa plénitude. 

D’autre part, la crise nous exige à avoir un regard critique, à être lucides sur certaines 

choses qu’il faut abandonner ou changer, sur tout ce qu’on nous fait voir et croire ici et 

là. Peut-être est-il nécessaire de revoir nos priorités ? Essayer d’alléger nos agendas 

bien remplis pour laisser un peu plus de temps au partage et au vivre ensemble. Ou 

réfléchir sur les possibles opportunités qui se présentent, sur les engagements 

sociétaux ou ecclésiaux pour lesquelles nous aimerions donner plus de sens à notre 

vie. 

Ainsi, la crise appelle à la responsabilité de chacun et contribue à la maturation de notre 

foi. Elle nous invite à ne pas nous suffire sur nous-même mais à compter sur un Autre 

que nous. La crise renvoie à notre condition humaine dans laquelle notre présent et 

lendemain sont nourris par la foi, une grâce que Dieu nous accorde pleinement en la 

personne de Jésus-Christ. Serons-nous prêts à prendre le risque de vivre dans 

l’abondance de la grâce ? 

Mais attention, la foi en Dieu n’est pas une croyance ni une doctrine ni un dogme. La foi 

est un appel à la vie, à la confiance parsemée de doutes suscitant la joie de l’ouverture 

et de la rencontre à l’inattendu, l’audace à l’élaboration des nouveaux projets, la curiosité 

aux merveilles que nous offre la nature. 

Si la durée de la crise semble interminable, elle est pourtant passagère. Ne soyez pas 

inquiets. Osez croire. Dieu ne vous abandonne pas. La vie est plus forte que la crise. 

Que l’Esprit Saint nous aspire pour les meilleurs dons de la grâce (1Cor12, 21). 

Amen. 

Moment musical 

Prière d’intercession 

Père, ta Parole nous a redit ton amour pour ce monde en ce temps de crise. 

Nous te prions pour la paix. Une paix fondée sur l’amour en Christ. Que l’inimitié et la peur fassent place au pardon. 

Nous te prions pour que naisse en nous l’espérance. Une espérance qui jaillisse de la résurrection. L’espérance qui est en celui-là seul qui est venu et qui reviendra. 

Nous te prions pour recevoir le courage. Le courage de demeurer fidèles jusqu’au bout. 

Le courage de demeurer fermes quand le mal paraît triompher, et que les combats pour la vérité semblent perdus. 

Le courage de rebâtir quand tout s’écroule autour de nous. 

Le courage d’être un peuple pèlerin, en route vers l’inconnu, assurés que le chemin n’est pas caché pour Dieu. 

Le courage d’être le corps du Christ, de sorte que celles et ceux qui souffrent connaissent par nous la tendresse du Seigneur. 

Prions ensemble, 

Notre Père qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ; pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Ne nous emporte pas dans l’épreuve mais délivre-nous du malheur, car c’est à toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles. Amen 

Envoi 

Le royaume de Dieu n’est pas loin, il est là, à portée de notre regard, de nos mains, de notre cœur. Il s’écrit avec les mots de l’Evangile : 

Le mot paix : « Que la paix soit avec vous. » Le mot amour : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Le mot pardon : « Père, pardonne-leur. » 

Recevez la bénédiction de la part de Dieu : 

Que la paix de Dieu vous construise.
Que son amour vous guérisse.
Que son pardon vous réjouisse.

Arc en ciel 624« Dans toutes nos détresses» 

Ce temps de culte se termine mais nous restons en communion dans la prière.
Bon dimanche.
A dimanche prochain !

 Culte préparé par le Pst Fidy RAKOTOZAFY,
téléchargeable sur http://www.epu-mazamet.org/