Culte du 3 mai 2020

Lecture Biblique :
Apocalypse 8 v1 à13
11 v1à 14

L’hiver 1689, fut rude pour les protestants de notre région.

Depuis 1685 et la révocation de l’Édit de Nantes par le « roi Soleil », ils n’avaient plus d’existence légale.

Les forces vives avaient été contraintes de quitter le pays et ne restaient que ceux qui n’avaient pas eu les moyens de partir, les plus pauvres et ceux qui étaient attachés à la terre, les paysans.

Les pasteurs, eux aussi, avaient dû s’enfuir précipitamment, trois ans plus tôt, sous peine d’être arrêtés et condamnés à mort.

Et pourtant cet hiver 1689, fut un temps de renouveau.

Des lettres d’encouragement et d’édification arrivaient de Hollande ou de Suisse.
Une nouvelle organisation se mit en place.

Des prédicants et des prophétesses osèrent prendre la parole. On se rassembla d’abord dans les maisons, comme à Calmels dans la Montagne du Tarn (peut être parce qu’il faisait froid et qu’on n’était pas très nombreux ce 31 décembre 1688), puis, le nombre grandissant, dans les champs.

Ce fut la renaissance de l’Eglise qu’on désignera plus tard comme Assemblée du Désert.
Le livre de l’Apocalypse, que nous redoutons tant parce qu’il nous apparaît comme trop obscur, ce livre a nourri la foi des protestants de cette période.

Ils ne furent pas les premiers à lire ainsi leur histoire. Si vous allez au musée qui jouxte la cathédrale de la Seo de Urgel en Catalogne, vous trouverez un texte du XI°siècle qui tente déjà son interprétation.

Les trompettes de l’Apocalypse sonnent, elle retentissent comme un appel à se redresser. Des lettrés exilés aux Pays Bas, comme Jurieu ou Pierre Bayle, dans leurs lettres aux protestants du royaume de France relurent Apocalypse pour comprendre leur temps.

« Quand ils auront fini de proclamer leur message, la bête qui monte de l’abîme les attaquera. Elle les vaincra et les tuera. 8 Leurs cadavres resteront sur la place de la grande ville, là où leur Seigneur a été cloué sur une croix … » …

« Mais, après ces trois jours et demi, un souffle de vie venu de Dieu entra en eux; ils se relèveront…»

La résurrection est ici, non pas un concept philosophique aristotélicien, une belle idée, mais une expérience de vie, l’expérience de vie des premiers chrétiens qui se sont vus morts sous le coup de la bête de l’empire romain, l’expérience des croyants du Moyen Age qui, au XI° siècle, ont cru leur avenir englouti dans des guerres et des épidémies sans fin, l’expérience enfin des protestants de notre région qui, en 1689, ont vécu l’abandon, la peur, le reniement, la mort pour certains …

Après ces trois jours et demi, un souffle de vie venu de Dieu entra en eux, ils se relevèrent !

Et aujourd’hui ?

Dans ce temps d’épidémie, de confinement/déconfinement, de face à face avec nous-même, comment entendre ces paroles de relèvement ?

D’abord nous devons nous tenir à distance des discours complotistes qui, souvent à travers des paroles du livre de l’Apocalypse, distillent le venin de la suspicion et de la
haine.

Non, l’Apocalypse de Jésus Christ n’est pas un livre de malheur mais un livre de bonheur !
Après ces trois jours, un souffle de vie venu de Dieu entra en eux, ils se relevèrent !
Trois jours, après la mort du Christ sur la croix, c’est le matin de Pâques.

Le matin du relèvement…

Un relèvement, et non pas un enfermement sur soi- même, sur nos traditions, nos petites habitudes, nos communautarismes huguenots et revanchards.

Non, nous ne nous relèverons pas par nous-même en nous enfermant dans des célébrations historiques ou identitaires, mais c’est le Christ lui-même qui nous relève par
sa parole de vie. Un relèvement qui se fait accueil sans condition de l’étranger, du « différent », croyant ou pas !

Les signes de ce relèvement abondent sous nos yeux sans que nous y prêtions attention

Ce sont ces témoignages d’amour dans nos maisons et au-delà, de jeunes et de moins jeunes, de recommencements, de retrouvailles, de solidarités, de fraternités …

Il y a «signe » de la Bonne Nouvelle de Dieu pour le monde chaque fois que l’un d’entre nous se relève

Ce sont ces témoignages d’amour dans nos maisons et au-delà, de jeunes et de moins jeunes, de recommencements, de retrouvailles, de solidarités, de fraternités …

Il y a «signe » de la Bonne Nouvelle de Dieu pour le monde chaque fois que l’un d’entre nous se relève

Relève-toi, peuple de Dieu, les trompettes sonnent ! Ce ne sont pas celles de la mort … Mais celles de la vie !

Relève-toi, les trompettes sonnent !

Franck Bergeron pasteur

Prière : (Frère Roger de Taizé)
 
Jésus, lumière de nos cœurs,
Depuis ta résurrection, tu viens à nous.
Ou que nous en soyons, toujours tu nous attends.
Et tu nous dis : « Venez à moi, vous qui peinez sous le fardeau,
Vous trouverez l’apaisement. »

Mot de la présidente :
Bien chers amis Paroissiens,
Partager les nouvelles permet de rester en communion et de prier les uns pour les autres.
C’est avec tristesse que nous avons appris le décès de Mme Jeannette Béteille ; ses obsèques ont eu lieu samedi. Merci à René Farenc d’avoir accompagné la famille.

Nous partageons la joie de Christine et Jean-Marie Guibot qui nous ont fait part de la naissance d’Axel chez leur fils Sylvain.

Que Dieu garde chacun de vous dans sa paix.
Fraternellement.

Josiane Estrabaud

Contacts :
Pasteur FR 06 48 51 82 77
Pasteur FB 06 32 96 86 50
Présidente 06 42 52 04 79