Notre histoire

L’Eglise Réformée Protestante à Mazamet

Il est toujours intéressant de partir des origines pour arriver aux temps présents, qui certes évolueront aussi, et nous voyons actuellement un œcuménisme qui permet d’espérer en une meilleure fraternité.

La « Réforme » est née de quelques prêtres, de quelques érudits, sachant lire et comprendre les textes fondamentaux de la religion chrétienne, qui s’indignent des déviations, des abus de l’Eglise Catholique, s’appuyant sur le pouvoir royal, et réciproquement le pouvoir royal sur l’Eglise, tout était permis, y compris de tuer au nom du Christ, les Cathares ont hélas été exécutés jusqu’au dernier.

Ces « Réformateurs », Farel, Luther, Calvin, Swingli, Wiclef, Mélanchthon et autres dans toute l’Europe s’élèvent, se basant sur les textes bibliques, demandent à l’Eglise Catholique d’être plus près du message qu’elle doit apporter au monde, en renonçant à ses déviations. En clair, aucun réformateur ne souhaitait créer une autre religion, simplement épurer celle dont ils étaient fidèles.

Quand on détient un pouvoir bien assis au moyen âge, la tentative du Concile de Trente en Italie a échoué, il est difficile de renoncer, de le perdre.

Ainsi est née cette « Réforme » qui est immédiatement combattue, mais ce mouvement est Européen il n’a pu être éliminé, et c’est une succession de luttes, de guerres locales, qui avec l’appui royal a causé une grande perte pour la France, exode de nombreux « réformés » vers l’étranger : Suisse, Allemagne, Pays bas, Angleterre, Afrique du Sud, Amérique, n’oublions pas les assassinants, les galères, les prisons.

De nombreux éléments de ces XVe et XVIe siècles, par la découverte de l’imprimerie, par les échanges commerciaux, par un commencement de liberté, en opposition aux pouvoirs royaux, permettent à cette « Réforme » de circuler et se répandre dans toute l’Europe, ainsi à Mazamet on admet que vers 1550, la « Réforme » est prêchée. Notre éminent chercheur et historien Gaston Tournier, a relevé un acte ecclésiastique en date du 6 septembre 1560.

A cette date Castres avait déjà un Pasteur, qui se rendait à Mazamet, de sorte que l’on peut dater en 1560 la création d’un groupe réformé à Mazamet.

Difficile de développer l’histoire de cette première Eglise Protestante, comme tout ce qui interdit est combattu, les Temples se construisent et sont détruits, puis reconstruit, à nouveau démolis, et passent d’une communauté à une autre, ainsi l’Eglise St. Sauveur a été construite avec les pierres d’un ancien Temple et le temple dit Temple Vieux, rue St. Jacques a été aménagé sur les ruines d’une ancienne Eglise Catholique.

Bien entendu au départ, il n’y avait pas de temple, les réunions se faisaient soit en plein air, soit dans une grange, soit dans une maison, mais Mazamet a un Pasteur, M. Antoine Roussel qui est nommé le 20 Février 1563.

Le premier lieu de réunion se situe rue du Galinier en 1571, puis on déménage rue de la Nogarède, en 1577, on relève 35 actes de baptêmes et 31 Actes de mariages.

Les guerres de religion vont détruire ces lieux de cultes, qui sont reconstruits, de l’Edit de Nantes d’Henri IV à sa révocation par Louis XIV, et jusqu’à à la révolution française rien n’est définitif, il faut pratiquement arriver à la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat de 1905 pour que la paix soit établie.

Au niveau doctrinal, trois tendances se développent, la plus ancienne, le « Temple » reste assez libérale, la « Chapelle » se crée Boulevard Soult en 1849 de tendance méthodiste, à la même date l’ « Oratoire » débute Bd. La Sagne puis le temple se construit rue Périé, de tendance orthodoxe.

Disons que ces événements Mazamétains ont eu la même actualité dans les communes voisines, d’Aïguefonde, de Calmon, d’Aussillon au Pont de l’Arn.

Par le regroupement de 1938 de la majorité des Eglises Protestantes au sein de l’Eglise Réformée, de France, Mazamet et les paroisses environnantes se rejoignent en Juin 1988. Une seule association cultuelle : « L’EGLISE REFORMEE DE MAZAMET & ALENTOURS » qui rassemble actuellement environ 650 familles.

2 réponses à Notre histoire

  1. Marty Jean Pierre dit :

    Toute ma sympathie. Jean Pierre Marty

  2. Denis Armengaud dit :

    La date « fondatrice » du 9 septembre 1560 relevée par Gaston Tournier provient d’une compilation d’extraits d’actes de baptêmes et de mariages recopiés en 1667 depuis le registre le plus ancien du temple de Mazamet qui existait alors. Cet original a malheureusement disparu ensuite. Le copiste avait pris le soin de transcrire comment Antoine Roussel le premier pasteur permanent de Mazamet avait intitulé chaque section du ou des registres et quel avait été le contexte de l’enregistrement des sacrements avant son arrivée. Déjà en 1563 Roussel déplorait lui-même la perte des actes antérieurs à son arrivée, tout en situant leur commencement à ce fameux 9 septembre 1560, lors de la venue du pasteur de Castres Geoffroi Le Brun.
    Dans ses mémoires , Jacques Gaches écrit de Goeffroi Le Brun que la communauté de Castres était allé le chercher à Genève, qu’il prêchait dans Castres depuis avril 1560 et qu’à la fin d’août de cette même année il avait été découvert et dût se cacher. Quelques lignes plus loin Gaches signale que Le Brun quitta la région au début octobre pour aller chercher un nouveau pasteur en renfort à Genève et qu’il n’en revint que l’année suivante en avril. C’est donc dans un très court intervalle que Le Brun est à Mazamet.
    Hormis une courte incursion du pasteur toulousain Nicolas Fouliou dit La Vallée pendant la première quinzaine d’octobre 1560, la région de Castres se trouva alors sans pasteur, jusqu’au retour de Lebrun et de son renfort (Pierre de Lhostau, lui aussi desservant occasionnel de Mazamet).
    Il est donc amusant de constater que Mazamet servit de cache temporaire à Geoffroi Le Brun pendant le mois de septembre 1560 et que c’est de cet endroit qu’il repartit pour Genève.
    De ce que nous en restitue la copie de 1667, en attendant d’avoir un pasteur à demeure, les premiers fidèles de Mazamet reçus par LeBrun ou de Lhostau furent le notaire mazamétain Antoine Brailh (actif entre 1545 et 1571) et un certain Jean Goffre.
    Nous savons aussi par les récits de Gaches que Jacques de Rozet seigneur de la Nogarède était, dès les premiers troubles de 1562, tout acquis à la nouvelle religion et qu’il devint dès lors un des redoutables chef militaire du parti protestant avec son capitaine Pierre Nairac surnommé « Mazamet » . Ce capitaine était originaire d’une famille de forgerons de Gijounet, lesquels opportunément devinrent armuriers ou comme on disait arquebusiers.
    L’église réformée de Mazamet officiellement née en 1563, comptait sûrement plusieurs dizaines de fidèles bien avant le premier passage de Le Brun en septembre 1560, suffisamment instruits et sûrs pour qu’il vienne s’y réfugier et qu’il désigne certains d’entre eux comme membres d’une nouvelle église. Au contraire on s’expliquerait difficilement une génération spontanée d’adeptes à la Réforme s’opérant seulement depuis l’influence de Castres ou de Toulouse attendant la venue d’un prédicateur reconnu pour se déclarer. Depuis quand, en quel nombre, on l’ignore, assurément.
    Ce 9 septembre 1560 serait alors plutôt une date fortuite correspondant à un geste d’hospitalité de la part d’une communauté naissante en quête de reconnaissance. La vigueur qu’elle semble déjà avoir permet de penser que les premiers protestants de Mazamet professaient secrètement déjà depuis plusieurs années.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *